lundi 8 juillet 2013

Jour 11 - 264 km : Sea Shack

Et oui, en direct du Sea Shack à nouveau !

Pas le temps de m'étendre ni de mettre des photos, demain.
Sachez juste que je vais superbement bien après une première journée dans le Pac National de la Gaspésie ensoleillée et avec des points de vue splendides !
Comme d'hab, c'est en rencontrant trois guss déguisés en Chinois, dans les montagnes que je pognai mon lift pour l'auberge. J'adore ce voyage !

A très vite !

vendredi 5 juillet 2013

Des photos en "masse" !

Des photos des photos des photos !

Allez voilà, gourmands ! :p


StormX sur ComBoost



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A très vite !

Jour 8 - 230 km : Mont Saint Pierre

Salut les copains !


Sur la plage, entre Petite et Grande Vallée
Depuis Petite Vallée, il ne s'est pas passé grand chose. M'enfin, j'eus droit à de belles rencontres !
La première, sur la plage entre Petite et Grande Vallée, avec Claude André, à qui je demandais une estimation de mon temps d'arrivée, qui se révéla être en fin de compte, journaliste au journal Metro de Montréal... j'eus droit à une session interview improvisée via Iphone  ! Qui sait, j'en aurai peut-être des nouvelles un de ces jours !
Passer dans la presse au sujet de cette aventure ne me pose pas vraiment de problème, même si, c'est sûr que de causer de tout ça publiquement me mettrait un peu plus la pression qu'actuel-lement. On verra ce que cela donne, mais peut être plus tard, quand je me sentirai avec un peu plus de légitimité à dire "Je marche sur le SIA", j'envisa-gerai cette possibilité plus sérieusement. Mine de rien, j'ai comme une dette envers le magasine Carnets d'Aventures, ou je trouvai l'idée de ce voyage.

Le seul point de vue depuis la route : Grande Vallée
Passé Claude, et les 8 km de plage de cailloux, j'eus droit a 10 km de route, en plein soleil, par 30 degrés... pas très plaisant, d'autant que la route n'offrait aucun beau point de vue. Avant de m'élancer, juste en sortant de Grande Vallée, j'eus droit à ces petites attentions de l'inconnu : quémandant de l'eau, je me retrouve avec ma gourde remplie de glaçons. Autant vous dire que j'ai béni plus tard ce geste, alors que j'étais sur l'asphalte !



Après ces kilomètres de route, on embarque enfin dans le bois, où l'on slalome entre des lacs... d'ailleurs, le dernier, le "lac a Cyrille" (il n'était pas là...) reçut en offrande mon corps nu et crasseux ! Il faisait tellement bon à être là que j'y restai une bonne partie de l'après-midi, avant de redescendre ensuite sur le petit village de Manche d'Épée.



C'est par hasard que je tombai sur le petit gîte du SIA, en bord de rivière, mais pas du tout indiqué. Il se trouvait juste derrière la grange, sur le terrain vraisemblablement, de la maison d'en face de la route. Il se faisait tard, et l'heure était de se poser... Ce qui est bien avec les gîtes, c'est qu'ils sont étanches aux moustiques... mais pas celui là ! Bientôt, l'endroit fut complètement envahi, si bien que j'installai mon hamac moustiquaire à l'intérieur !


Le lendemain, alors que je finissais de rendre l'endroit propre, Sylvain, le propriétaire du terrain pointa sa joie de vivre à la porte ! Une heure de discussion plu tard, deux cafés, 4 toasts beurre confiture de framboises maison plus tard, je repartais sur le chemin pour 8 km de grosses côtes, mais avec l'assurance de le retrouver pour le lunch a Gros Morne.
Sur le chemin, je tombe sur mes première fraises des bois ! Quel régal ! Mais j'attends avec encore plus d'impatience l'arrivée des framboises !
Arrivé à Gros Morne, je retrouve comme prévu mon "trail angel".
- Tu veux une bière ?
- Ba ouais !
- Tu veux un lift pour t'éviter les 8 km de routes qui viennent ?
- Ba ouais !
- Tu veux un lift de 7 km de plus avec un sandwich au homard à la clé ?
- Oh ouais !


Donc ça s'est terminé comme cela... j'ai un peu triché. Mais sachant qu'on ne triche qu'en fonction des règles que je ne m'étais jamais mis comme règle de "marcher" tout du long, mais plutôt simplement de "faire le sentier" et de vivre "Mon SIA"... techniquement...je suis toujours correct ! :D

Sérieusement, j'ai préféré privilégier une rencontre qui faisait du bien aux deux, plutôt qu'encore 4 h de route et chemin forestier ennuyeux. Ainsi, amis randonneurs, si vous passez dans le coin, allez toquer à la porte de ce brave monsieur, vous ferez deux heureux !

Grâce a cette longue pause, rafraîchissante pour le moral, j'attaquais en début d'aprem le Mont Saint-Pierre... Ouééé pitain que ça a grimpé sa mère ! Rien que d'y penser, les gouttes m'en tombent encore ! Mais la vue, arrivé à son sommet : woaah ! En plus, une aire de décollage de deltaplane ayant été aménagée, cela dégage tout le panorama : splendide !

Et ainsi me voilà, au motel de la ville du même nom, m'offrant ma première journée off, demain, avant les 4 jours jusqu'au gite du Mont Albert.


Physiquement, tout tient la route, le moral aussi. Le temps est toujours radieux et chaud : on profite !





La suite, c'est par là !

mardi 2 juillet 2013

Jour 5 - 144 km : Petite Vallée

Salut à tous !


Le phare de Cap Gaspé
J'écris depuis l'auberge de Petite Vallée où son festival de musique bat son plein. Après une bonne douche et une lessive, je m'apprête à dormir sur la plage, à la belle étoile, la maison étant complète.

Que dire, déjà 5 jours que je me balade, 5 jours et 144 km de montées et de descentes, de mer et de monts, de moustiques, d'averses, de soleil, de vues splendides, de joies, de doutes, de sueur, mais surtout de bonheur !
Après une grosse côte... ^^


Ça y est, j'y suis vraiment ! Je commence à me trouver chez moi sur le sentier, les habitudes se créent et renforcent ma bulle de sécurité. Cela n'était pas le cas le premier soir où, après une journée magnifique et ensoleillée dans le parc du Forillon, je fus pris à nouveau de ce sentiment complexe de mélancolie, de doutes... J'ai enfin compris maintenant d'où ceci vient : la perte de mes repères. J'avais connu ça plus longtemps en arrivant en avril, à nouveau quand je quitte Montréal et Sarah, et encore une fois maintenant. Mais à chaque fois, cela s'en allait, le temps de retrouver de nouvelles habitudes sécurisantes. Ainsi, maintenant que j'ai pris mes marques, je commence à vraiment apprécier la marche.

Cette journée, par exemple, est le genre de que j'aimerais avoir tout le temps. Placée sous le signe de la décontracte puisque je n'avais que 22 km à faire, le mot d'ordre était : on prend le temps ! Mais, alors que je rythmais mes pas au son de ma guimbarde, je me rendis compte à peine 2 km après le départ que j'avais sûrement raté le sentier... s'en suit un détour d'au moins 2 km où je ne trouve décidément pas ce maudit chemin... pfiouu allez, machine arrière ! J'en viens à espérer l'arrivée providentielle d'un mec en quad pour me ramener au départ... aussitôt pensé, aussitôt là ! J'ai à peine le temps de dire bonjour que je suis déjà à califourchon sur la machine, cherchant mon sentier avec mon sauveur. On ne le trouvera jamais ! Pas grave, il me déposera à l'embranchement du chemin forestier sur lequel nous étions et, de là, je retrouverai mon sentier plus loin : cool !
 

Arrivés en haut d'une longue et grosse côte (bien content de l'avoir évité), après 15 minutes de route,  je dis au revoir... Fuck il me manque un bâton ! Je me disais bien que j'avais entendu un truc... genre... tout en bas de la côte...
Roaaa, allégé de mon barda (c'était dja ça !)  je m'élance en courant... histoire de 30 minutes aller-retour me seront nécessaires pour remettre la main sur ce satané stick... Ok je retiens, avec le SIA on ne triche pas !
Le reste de la journée s'égrènera tranquillement entre suées et moustiques + une ptite baignade dans un lac histoire de bien finir.





La cerise sur la gâteau sera, sur la plage, juste avant d'arrivée en ville, de trouver une bouteille à la mer, avec un message dedans ! Lancée en juin dernier, Pierre vit dans patelin que je vais croiser sur ma route dans quelques jours, je vais donc aller lui rapporter ! Et qui sait, peut-être que nous la relancerons, à deux, et avec deux messages dedans  ! J'adore ce voyage !



 
Vous avez peut-être lu ce que nous appelons les Trails Angels (anges du sentier) sur le SIA. Ces gens qui vous offrent quelque chose sans que l'on ne demande rien, qui vous filent un coup de pouce quand vous êtes dans le besoin. Eh bien je fis la rencontre avec l'un deux à la veille de commencer la marche. Je faisais du pouce pour rentrer dans le Parc du Forillon quand il me prit... pour me mener le plus loin possible dans le parc (il négocia pour ne rien payer), se tapant un détour de plus de 30 minutes. Il nous arrêta en route (après déjà une bière offerte), sur le port du parc où des pêcheurs aux maquereaux faisaient leurs offices : encore une fois, il me négocia deux filets de maquereaux fraîchement pêchés pour rien du tout ! Et zou, une bière de plus pour fêter ça !
Au final, ce vieux cliché que je voulais réaliser durant mon trip en côte Nord (le dernier de la liste) - celui de faire griller ses poissons au feu de bois - se réalisera à la veille de mon nouveau voyage ! Encore un signe que j'interprète, comme une page qui se tourne : tout a été fait, next !

Mais si là, tout est beau qui finit bien, la troisième journée n'a pas été la même ! 32 km en... 12 h ! Avec une grosse averse en plein milieu de la journée, du marécage tout le long (avec forcément, non pas des moustiques, mais des nuages de moustiques !), un sentier pas du tout entretenu, me forçant à contourner, enjamber, ramper, complètement envahi par la nouvelle végétation (à n'en plus voir ses pieds)... forcément on n'avance pas vite et on gaspille un max d'énergie !


 
A pis j'oubliais... le coup des derniers 4 km sur la plage de cailloux qui vous roulent sous les pieds avec les algues fraîches qui vous font glisser à la moindre tentative d'y mettre le pied dessus (pas trop le choix en fait...), c'était toute une épreuve ! Bien plus mentale que physique d'ailleurs !

 

Bref, à côté de cela, je m'éclate donc. Le physique tient le coup, les pieds aussi (à vrai dire la seule blessure que j'ai encore, je me la suis faite à Montréal ^^). Le mental aussi, forcément, je me vois difficilement arrêter prochainement !

La connexion internet d'ici ne me permet pas de mettre photos et vidéos que j'ai pour vous, donc une prochaine fois !

J'aurai sûrement internet assez vite, vu que je vais croiser pas mal de villages dans les jours prochains. Donc à très vite !

 
 
 
 

jeudi 27 juin 2013

Let's start the party !

Ca y est, c'est l'heure, aujourd'hui je foulerai pour la première fois mon sentier des Appalaches !

J'ai finalement atteins l'Auberge du Sea Shack hier soir en début de soirée : l'heure parfaite pour faite la fête et retrouver les copains pour une courte soirée avant mon départ du lendemain.

J'ai récupéré mon colis envoyé aussi bien à Montréal (le hasard n'existant pas, au moment exacte où j'arrivais devant la maison, la poste le livrait !), aussi bien que celui qui m'attend depuis 3 semaines ici à l'auberge : j'ai enfin dormi en hamac ! Et j'éspère pouvoir le faire aussi longtemps que possible car, dieu, qu'est ce qu'on y dort bien !

Il me reste à envoyer un colis en France avec toutes les affaires d'hiver devenues inutiles (même s'il ne fait pas encore super chaud, 5 C cette nuit !), les bouquins lus et le guide du Québec bien usé.

Un nouveau départ, pour une nouvelle aventure : je me sens prêt, excité, anxieux en même temps : serais je capable de réaliser mes rêves ? Boah, jusqu'à l'hiver j'ai confiance, je vais m'éclater !

Ainsi, à partir d'aujourd'hui, internet risque d'être loin, donc ne vous attendez pas à de mes nouvelles toutes les semaines.

Allez, il est l'heure, le sentier m'appelle, a bientôt tout le monde !

dimanche 23 juin 2013

On the road again

Coucou les copains !

Ça y est, on the road again ! L'énergie du départ afflue à nouveau en moi. Tel un fourmillement continu, de bas en haut, tout mon corps se prépare à nouveau pour l'aventure de l'inconnu.

Trois semaines que je me blottissais dans ce cocon onctueux de sécurité montréalaise que Sarah et la famille qui l'accueillait m'ont fourni.
Trois semaines à découvrir cette ville que j'ai fui il y a deux mois de celà. Moi qui n'aime pas la ville en général, avec tous les a-priori débiles (est-il besoin de le préciser ?) qu'il faut, je dois bien avouer qu'aussi bien Montréal et Ottawa (que nous avons visité une journée) auront contribué à redorer le blason de cette vie urbaine qui me déplaît d'habitude.

Bref, encore une chouette expérience imprévue avec ses acteurs, toujours aussi généreux que les précédents, que je suis content de m'être laissé le temps de vivre pleinement. Merci à vous Muriel, Elie et aux enfants, Amiel, Ilouri, Elior et Liam, pour votre accueil et votre bonté !

Et puis bien sûr, merci à toi, Sarah qui s'envole en même temps que moi, à l'aube d'une nouvelle aventure. Et qui sait, peut-être que nos routes se croiseront, comme nous l'avons dit, en Amérique du Sud !

Le programme des prochains jours risquent de m'éloigner d'une connexion internet : en effet le départ sur le sentier a sonné !

Je vais rester encore jusqu'à mardi à Montréal puis, très certainement, rejoindre dans la journée Québec mardi en soirée.
L'idée est de rejoindre mon colis à l'auberge du Sea Shack, soit en Gaspésie à 6h de Québec, elle-même à 3 heures de route de Gaspé, mon point de départ du sentier.
Ainsi, en fonction de mes performances poucives, je serai sur le sentier soit jeudi matin ou jeudi aprem.

Ainsi, à très vite et peut-être, qui sait, le prochain billet sera très certainement après mes premiers pas sur le sentier !

A plus !

jeudi 6 juin 2013

Carpe diem : parce que le poisson c'est bon !

Oui oui, je sais, cela fait un moment que je ne me suis pas penché sur vous (en toute amicalité hein !). Mais que voulez-vous, la vie au Sea Shack, étant tellement relax, que je n'avais ni le temps, ni une grande motivation à vous conter mes aventures de bénévole, somme toute très banales et, il me semblait, sans grand intérêt.

En route avec Alexis et Simon pour récupérer le futur
 piano  Willis (107 ans !) du Sea Shack !
Néanmoins, je me rends compte maintenant, qu'il est tout aussi important et enrichissant de découvrir mes derniers jours, et ce, même si ils seront forcément moins impressionnants que les précédents (quoi que, l'on pourrait considérer, très souvent, que les plus grands aventuriers accomplissent leurs exploits dans la banalité routinière et invisible du quotidien...) pour comprendre ce qu'il se passe dans ma tête et comment j'aborde les événements rencontrés.

J'ai pris conscience, alors que je me prélassais dans le jacuzzi du Sea Shack, au coucher de soleil, regardant les baleines (ok ok, j'arrête :P), que depuis le début de mon voyage, je partais en quête d’îlots en îlots sécurisants : d'abord dans le Charlevoix, à la ferme, puis à Tadoussac, chez Yves à Port Cartier, Pointe Parent, chez les Innus, pour terminer au Sea Shack et maintenant à Montréal chez mon amie.
On l'a ! Pas si pire comme dernière ride : la côte gaspésienne !
Ce n'est pas un jugement, bon ou mauvais, juste une constatation, que je peux extrapoler au reste de ma vie et à toute les échelles de temps et d'espace. Néanmoins, tout comme j'ai besoin de ces moments de sécurité, j'ai, à l'heure actuelle, tout autant besoin de phases de transition où ma bougeotte est rassasiée. Comme si mon plaisir ne se trouvait pas que dans un mouvement continu, mais saccadé... Ouais... en gros c'est ça !

Le plaisir - je n'ai pas nommé ce billet "Carpe diem" pour rien (désolé à mes amis pêcheurs, désormais déçus, non je ne parlerai pas de poisson) - l'objectif de tout être vivant ! Qui s'explique grâce une définition unique, mais qui s'atteint par autant de moyens différents qu'il existe d'organismes vivants ayant eu leur unique expérience. Car le plaisir, sensation psychologique, est, comme pratiquement tout ce qui nous compose, acquis : un homme des cavernes ne trouvera pas son plaisir dans l'achat d'une Clio V2 Sport Break Coupé Tuné DelaMortKiTu tout simplement parce qu'il n'a jamais appris qu'avoir une Clio V2 Sport Break Coupé Tuné DelaMortKiTu (ok j'ai fais un copier - coller...) pouvait être bénéfique à sa survie.

Le parc du Mont Royal ou une forêt au cœur de la ville
Du sport en perspective !
Or, personnellement, ce n'est que très récemment qu'il m'a été donné la possibilité d'écouter mes plaisirs les plus profonds et non pas ceux que l'on aimerait aujourd'hui me voir ingérer. Et si s'entendre est la première étape, la suivante, s'écouter, est bien plus dure à mettre en oeuvre, surtout si nos moyens d'atteindre le bonheur vont, pour la plupart, à l'encontre de la bien-pensante et bienséance normalisée.

On me posa récemment la question : et alors, qu'est ce qui a tant changé en toi depuis ton départ ? Je prévenais, avant même mon envol, que ce voyage me ferait changer du tout au tout : je n'aurais pas pensé en "conscientiser" les changements aussi vite, ni voir ces derniers si importants.

J'ai toujours trouvé sécurisant de prévoir à l'avance mes plans, savoir ce qui allait m'arriver dans les jours, heures et minutes qui viennent. Paradoxalement (ou très logiquement, finalement), je me rends compte aujourd'hui que je ne me suis jamais senti aussi bien que dans un inconnu relatif, de vivre le plus intensément possible chaque moment présent, ou encore de prévoir le moins possible mon futur, considérant que ces mêmes prédictions sont susceptibles  de changer à tous moments. Comme si, depuis le début on m'avait trompé quant à ce qu'il est bon pour moi (ou que j'ais été trop faible pour rejeter ce qu'on voulait m'imposer).

Montréal depuis le sommet du Mont Royal
Ainsi, "Carpe diem" pourrait être une des formules qui résument le mieux une partie de mon état d'esprit d'aujourd'hui - si l'on utilise sa réelle définition épicurienne - rechercher le plaisir qui m'est réel et vrai, cueillir le moment présent, unique et éphémère, le vivre intensément jusqu’à le rendre presque éternel et ne penser au futur qu'avec la ferme intention de ne le vivre que lorsque j'y serai arrivé.
Cela peut être beau sur le papier, mais cela est oh combien dur à appliquer tous les jours, et ce, en particulier lorsque l'on n'a jamais appris à le faire depuis 23 ans, agissant même complètement à l'opposé.
Pourtant, et comme à chaque fois, une rencontre vous fait avancer, vous aide à évoluer vers quoi vous tendez naturellement.

Un oasis de verdure face à l'enfer urbain du down town
Pour ma part, elle se cristallise à l'heure actuelle en profitant de l'hospitalité de la famille chez qui, Sarah, mon amie, travaille comme "fille au pair". Sarah, c'est le genre de rare rencontre que l'on a l’impression de ne faire qu'une fois dans sa vie. Où aucune étiquette ne s'accroche et où le seul mot qui permet d'effleurer une description est naturel. Naturel est donc le plaisir mutuel de cette rencontre, tout comme il nous a semblé naturel de prolonger notre rencontre jusqu'à son retour, fin juin, en France - date parfaite, comme par hasard, pour me lancer sur le sentier (me libérant de démarches administratives pour traverser le parc national de Gaspésie, en partie fermé... même si j'ai conscience que ceci est une très bonne excuse :p ).

Ainsi, à l`heure où mes plans auraient dû me faire fouler le SIA, me voilà engagé en tant que "fils au pair et homme à tout faire" (oui oui, les filles, vous avez bien entendu :p ) chez Elie et Murielle, dans le quartier d'Outremont à Montréal.

Montréal, la ville aux mille clochers
Ce quartier, comme par hasard, est sûrement le plus vert de toute la ville, et situé à 5 minutes du parc de Mont Royal : le plus gros parc de la ville, qui englobe toute la petite colline surplombant la capitale, où la forêt, très peu entretenue volontairement, vous fait oublier l'enfer urbain vous environnant. La providence n'aurait pas pu choisir un meilleur endroit pour me loger ! :D

Ainsi, en compagnie de mon professeur de "vivre le moment présent", les semaines qui vont suivre s'égraineront très certainement entre une préparation physique intense, s'occuper des 4 mômes et autres petits travaux en tous genres. Que du bonheur !

Ma vie d'aujourd'hui a de ça de formidable que, même dans les plus communes des situations, la banalité n'existe plus, remplacée par la possibilité de ne faire que ce qu'il me plaît.
Je suis conscient de la chance que j'ai de vivre cette expérience, et même si cela n'est qu'une illusion, je suis heureux et fier d'avoir l'impression d'avoir réussi à accomplir ce projet de vie qui me vient des tréfonds de mon être.

Un projet de vie, c'est bien de cela que l'on parle. Je ne conçois plus en ce moment ces quelques mois planifiés comme une transition, une parenthèse entre deux taffs casaniers. Non, voyager, vivre tel que je le fais depuis un mois et demi est la façon qui me correspond la plus entre toutes celles que j'ai pu tester jusqu'alors.

Qui suis je ? Elle me tracassa longtemps cette question. Plus maintenant !
Qui suis je ? Aurélien, voyageur de profession, curieux de religion.